PAROLES

TOUT L’TEMPS

 

Y’avait des poissons bleus,

Des oiseaux, des nénuphars

Qui passaient dans ses yeux

A chacun de ses regards,

 

Son sourire allumait

Dans la nuit des réverbères

Et je m’évaporais

Dans son jardin de lumière

  

Ell’ tissait dans le temps des toiles éternelles,

Elle était mon île, ma muse, et mon miel.

 

Moi j’aurais bien aimé

Qu’ça dure tout l’temps

Longtemps comme l’océan

Oui, j’aurais tant aimé

Qu’ça dure tout l’temps,

Mais dans la vie, y’a aussi du vent.

 

  

A peine elle pénétrait

Mon espace vital,

Que s’effaçaient d’un trait

Le médiocre et le banal.

 

Elle  était ce royaume 

Fabuleux et  futile,

Où la  vie coulait comme

L’eau d’une rivière tranquille 

 

Ell’ promenait l’amour sur des chemins de dentelles

Elle était mon île, ma muse, et mon miel.

 

Moi j’aurais bien aimé

Qu’ça dure tout l’temps

Longtemps comme l’océan 

 Oui, j’aurais tant aimé

Qu’ça dure tout l’temps,

Mais dans la vie, y’a aussi du vent.

 

Il est de ces vents fous

Qui traversent l’existence,

Détruisant d'un seul coup

Ce qui lui donnait du sens,

 

Ell’ s’est enfuie avec

Ce maudit oiseau de passage,

Etait-ce pour son bec

Ou son funeste  ramage ?

 

J’ai mordu la poussière au pied de notre arc-en-ciel

En perdant mon île, ma muse, mon miel

 

Moi qui aurais tant aimé

Qu’ça dure tout l’temps

J’ai pleuré tout l’océan

     

Oui, moi qui aurais tant aimé

Je sais depuis ce temps

Qu’c’est pas la pein’ de lutter contre le vent

Non pas la pein’ de lutter contre le vent

Contre le vent, contre le vent,

Contre le vent …

 

 

LA NUIT


Une troupe de marionnettes

A pris possession de ma tête

Théâtre fou où se mélangent

Les diables et les anges

 

Et me voilà dérivant

Sur cet océan délirant

Où sans y être étranger

Je me sens pourtant dérangé

 

 

La nuit,

Quand sombrent mes paupières

Je franchis des frontières

Je m’enfuis

 La nuit,

Quand mon corps se dérobe

Je glisse sous la robe

De la folie

 

Je tente d’ouvrir un passage

Dans une forêt de visages

Qui m’accablent et me dévorent

De leurs grands yeux carnivores

 

Je trouve refuge sous l’aile

D’une femme au corps d’hirondelle

Où je m’engloutis dans le feu

D’un violent vertige amoureux.

 

 

La nuit,

Une autre vie se danse

Dès que je  me fiance

A l’infini

La nuit,

Façonne mes désirs

Mes peurs ou  mes plaisirs

En symphonie

 

 

Les mots et les gens et les choses

Mélanges ou métamorphoses

Me jouent ce théâtre-mystère

Où la raison désespère

 

De ces histoires, de leurs décors

Qui viennent bousculer mon corps

Je n’en suis bien quoiqu’il m’advienne

Que l’unique metteur en scène

 

 

La nuit,

Je suis ce possédé

Qui sait faire pousser des

Fruits inouïs.

 La nuit,

Quand mon corps se dérobe

Je glisse sous la robe

De la folie

La nuit,

Une autre vie se danse

Dès que je  me fiance

A l’infini

 La nuit, la nuit, la nuit …

 

 

Merci Madame

 

1 Comment vous remercier Madame

D’avoir su repeindre mon âme

Aux tendres couleurs du printemps

Pendant qu’il était encore temps ?

 

2 Je n’ai pour vous faire un cadeau

Que si la sol fa mi ré do

Et tous ses mots que je vous dois

Qui fleurissent au bout de mes doigts

 

3 Permettez-moi donc humblement

De vous offrir ce compliment

Vous qui avez de si jolies

Façons de célébrer la vie

 

4 Vous souriez, et je voyage

A la fois vous êtes «  grand large »

Et cet îlot d’intimité

Inimitable, inimité.

 

5 Je l’ignorais mais jusqu’alors

J’étais un chasseur de trésor

Vous tombez du ciel et soudain

Tout l’or du monde coule en mes mains


 6 Ces mains que j’ai cru tant utiles

S’éparpillaient dans le futile

Alors qu’elles n’avaient d’autre sort

Que de rencontrer votre corps

 

En évoquant la douce ivresse

De nos étreintes, nos caresses

Je me laisse aller sans façon

A ce qu’il me vient de frissons

 

Comme nous venait cette fièvre

Lorsque fondaient entre nos lèvres

Apaisant les plaies et les bruits,

Ces baisers de braises et de pluie

 

9 C’est pour vous remercier Madame

D’avoir su repeindre mon âme

Aux tendres couleurs du printemps

Que je vous donne ces instants…

 

10 Hélas, le fil des jours efface

De la moindre vie toute trace

Et n’aura pas plus de clémence

Pour notre furtive romance

 

11 Alors je donne une mémoire

Une musique à notre histoire

Pour conjurer en la chantant

Les effets néfastes du temps

 

 


 

 

 

 

 

LA VALSE

 

Tant qu’il y aura dans tes yeux ce sourire

Qui m’dit que j’vais jamais mourir,

Tant que tu seras la lumière qui me manque

Dans ma vie de saltimbanque

 

On dans’ ra la valse qui fait tourner la terre

Qui nous met la tête à l’envers

Tourbillon de la vie, manège de l’ivresse,

Frisson d’éternelle jeunesse.

 

Tant que nos désirs pourront franchir les mers

Et nous embarquer pour Cythère,

Tant que chanterons les chansons de nos corps

Sur les plus mélodieux des accords,

 

On dans’ ra la valse qui fait tourner la terre

Qui nous met la tête à l’envers

On oubliera tout transportés par la cadence

De cette musique qui danse, qui danse,

 

Tant que la fortune s’invitera chez nous

Dans ces p’tits bonheurs de rien du tout

La lumière de l’automne, mes mains sur ton visage,

Les chansons d’un ami de passage,

 

On dans’ra la valse qui fait tourner la terre

Qui nous met la tête à l’envers,

Tourbillon de la vie, manège de l’ivresse,

Frisson d’éternelle jeunesse.

 

Tant qu'on offrira, pour ne pas fair’ naufrage,

Des arcs en ciel à tous nos orages,

Tant qu’on f’ra pleuvoir des averses de rire

Pour parfumer nos souvenirs

 

On dans’ ra la valse qui fait tourner la terre

Qui nous met la tête à l’envers

On oubliera tout transportés par la cadence

De cette musique qui danse, qui danse,

 

 

APRES-DEMAIN


Je n’ai pas oublié

Nos sauvages escapades,

Ni l’odeur vanillée

Qui drapait nos corps en tornade,

Les soleils, les rivières

Qui débordaient de tes fous rires,

La volupté première

De se découvrir,

 

Les sentiers difficiles

Où nous ne savions plus très bien

Les contours de notre île

Ni la certitude  du lien,

Les langages inventés,

Paravents de résistance

Aux jours désenchantés

De l’existence.

 

REFRAIN

Je suis encore en chemin

Et c’est tant mieux,

J’attendrai après-demain

Pour être vieux.

 

Puis toutes ces richesses

Que le hasard a bien voulu

Offrir à ma détresse

Alors que je n’y croyais plus,

Fortunes émouvantes,

De ces rencontres insoupçonnées

Où  la vie réinvente

Nos années.

 

J’ai sauté dans les flaques

Et j’ai pourchassé des indiens

J’ai pris des paires de claques

Paraît que c’était pour mon bien,

Mais dans les prairies les vergers

J’ai appris à ma façon

A devenir berger

De chansons

 

 Je suis encore en chemin

Et c’est tant mieux,

J’attendrai après-demain

Pour être vieux.

J’irai encore par les chemins

En d’autres lieux

Il sera temps après-demain

Pour être vieux

 

 

 

 

 

ALTITUDE

 

 

Après un munster coulant comme une rivière blonde,

Le kirsch du dessert nous poussa dans un autre monde,

Alors on est parti chercher sous le vent du Hohneck

Des restes de myrtilles, pour se les manger à deux becs.

 

Le soleil déposait ses tous derniers rayons de miel

Sur l’océan des forêts en y peignant des archipels.

Au sentier des Névés, on a respiré l’air du large,

Et fait fuir quelques chamois qui broutaient dans les parages

 

     REFRAIN              

Ciao, ciao, ciao, on s’évade, on s’envole

Larguons les habitudes

Ciao, ciao, ciao, on décampe, on décolle

Prenons de l’altitude.

 

De sauvages pensées accompagnent souvent nos pas,

Et si l’on vient à tomber, c’est sur une fleur d’arnica.

Quand la plaine à nos pieds est recouverte de nuages,

On se laisse naviguer sur cette mer de passage.

 

Dans les eaux du lac Altenweier

Le plaisir est plus profond qu’ailleurs.

Les sapins qui l’entourent intensifient le bleu du ciel

Et la vie sans détour, s’en remet à l’essentiel

      

    REFRAIN                 

Ciao, ciao, ciao, on s’évade, on s’envole 

Larguons les habitudes

 Ciao, ciao, ciao,  on décampe, on décolle

Prenons de l’altitude

 

 

 

LES RENDEZ-VOUS DE POESIE

 

Il y aurait tant de mots à glisser

Entre chacun des grains de sable

Que les flots de nos vies ont dispersés

En mille lieux inconnaissables

 

ll y aurait des phrases inachevées

Endormies sous des lits de cendre

Personne n’ayant jamais su retrouver

Cette folie qui les engendre

 

REFRAIN :      Va ton voyage, va ta vie

                      Coule ton regard sous les choses

                      Les rendez-vous de poésie

                      Ne sont pas là où l’on suppose

 

Il y aurait des sourires égarés

Sur d’étranges chemins de lune

Et dont la nuit se serait emparée

Pour faire le change à l’infortune

 

Il y aurait des histoires à glaner

Sous chaque corolle soyeuse

Où les fleurs nous disent avant de faner

Que la vie peut être joyeuse

 

REFRAIN

 

Il y aurait des nids d’oiseaux cachés

Dans le ventre des violoncelles

Et sous la rime d’un vers ébréché

Le début d’une ritournelle

 

Il y aurait des puits d’humanité

Sertis dans le creux des fêlures

Comme autant de soleils à inviter

Là où la vie nous aventure

 

REFRAIN